L'économie du partage
  " Ensemble, consommons autrement ! "
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Confection de masques : la solidarité n'est pas confinée !

Article de Avril 2020
Alors que l’épidémie liée au coronavirus perdure, entraînant avec elle le confinement d’une grande partie de la population et un manque flagrant de masques homologués à destination des soignants, une immense vague de solidarité s’organise dans l’Hexagone autour de la fabrication de masques de protection. Un bel élan que nous applaudissons des deux mains au sein de Nous and Co.

Le point de départ - pallier le manque de masques

Tout commence mi-mars lorsque pour pallier le manque de masques qui frappe les plus exposés au Covid-19, le CHU de Grenoble diffuse un patron de couture à ses personnels soignants. L’objectif de ce masque fait main n’est pas de se substituer aux masques FFP2 mais d’ apporter une solution complémentaire aux soignants et préventive en cas d’extrême pénurie. Plus tard, le modèle de masque en tissu est diffusé par un médecin du CHU de Toulouse dans la mesure où il peut permettre d’équiper le secteur sanitaire et social ainsi que les caissiers et commerçants.


De la solidarité au partage des ressources

En quelques jours, des chaînes de solidarités se mettent en place pour venir en aide aux professionnels et aux hôpitaux dans toutes les régions. Fin mars, l’AFNOR publie un guide pour faciliter et accélérer la fabrication en série ou artisanale de masques « barrière ». Répondant aux appels de soignants et d’associations locales sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnes confinées commencent alors à faire chauffer leurs machines à coudre !
Partout en France, naissent ainsi des initiatives solidaires. A Paris, Jonson, couturier ivoirien sans-papier, produit avec l’aide d’autres étrangers en situation irrégulière, 500 masques par jour. A Lille, c’est un réseau de 1 500 couturières bénévoles qui s’active pour découper et confectionner 40 000 masques par semaine, à partir de vieux stocks de tissus donnés par… Le Slip Français !

masque tissu fait main

Le réemploi à l'honneur

En effet, ce n’est pas la main d’œuvre mais les matières premières qui viennent maintenant à manquer. Si certains élus s’investissent, comme près de Grenoble où la Communauté de Commune Cœur de Chartreuse finance l’achat des matières premières, dans d’autres coins de la France, c’est le réemploi qui prime et ce n’est pas pour nous déplaire chez Nous and Co ! Dans les Côtes-d’Armor, le réseau local se fournit par exemple en tissus et vêtements au magasin La Bout’-L’œuvre, une boutique solidaire d’occasion.

L’humain et les réseaux

Et la dynamique d’échanges se renforce même lorsque le matériel des couturières et couturiers amateurs, mis à rude épreuve, lâche. Lorsque la machine à coudre de Catherine, à Vannes, tombe en panne, elle trouve rapidement via les réseaux sociaux une personne qui prend le relais avec une machine qui fonctionne : l’une prépare les tissus tandis que l’autre les assemble. Quant à la région Centre, grâce à l’apport de machines d’une entreprise spécialisée dans la sellerie, on y mutualise désormais les machines pour le bien commun.

Prêt de matériel, dons de tissus, réseaux humains : autant de valeurs qui nous sont chères et qui prouvent que même lors d’une telle catastrophe sanitaire, il est possible d’entrevoir un peu de lumière grâce à la solidarité spontanée et finalement, même à distance, plutôt bien organisée.

Des plateformes et groupes Facebook

A ce jour, les besoins en masque se font toujours sentir et d’ici quelques semaines, la demande risque même de fortement grandir si l’une des mesures pour accompagner le déconfinement concerne justement le port du masque…pour tous !
Alors dès à présent, continuons à agir et par la même, à faire grandir l’économie du partage !

remerciements de l'équipe réanimation

Envie de contribuer ?

  • Le groupe Facebook Couturières solidaires de France propose de relier localement les couturières (et couturiers bien sûr) entre elles afin de les aider à rejoindre un réseau départemental puis local. Il relaye également le modèle de confection de l’AFNOR, les appels à matières premières ainsi qu’un argumentaire pour mobiliser les maires.
  • La plateforme Balance Ton Masque qui met en relation les entreprises productrices de matériel de protection, les donateurs particuliers et les organismes demandeurs.
  • L’Atelier des Gourdes présente en un tutoriel vidéo une version pédagogique du guide de l’AFNOR accessible à tous.
  • A Nantes, avec A vos Masques, la ville se mobilise pour mettre en lien les couturières et les couturiers avec les personnes qui en ont besoin : fabrication, don, rejoindre un collectif, etc.